Vous trouverez dans cet ebook 3 nouvelles érotiques suivantes:
1 Madame Edwarda.
2 Le mort.
3 L'histoire de l'œil de Georges Bataille. Annoté: - commentaires, contexte d'écriture de l'oeuvre et biographie de l'auteur. Résumés :
1 Madame Edwarda est un récit de Georges Bataille publié pour la première fois sous le pseudonyme de Pierre Angélique en 1941 aux Éditions du Solitaire (édition dite de 1937). Il fut écrit entre septembre et octobre 1941, pendant la rédaction de L'Expérience intérieure, dont il est le corollaire. Il constitue l'un des premiers ouvrages clandestins parus aux heures sombres de l'Occupation.
Un homme rencontre Madame Edwarda prostituée de bordel . Attiré par cette femme au comportement plus qu'étrange, il la suit dans la nuit parisienne. Cette femme folle et obscène se déclare être Dieu tandis qu'elle exhibe ses « guenilles ». Plus Madame Edwarda sera obscène plus elle sera divine. Bataille, pour qui l'érotisme est inséparable du sacrilège, semble évoquer un dieu des abîmes, de l'obscénité, de l'abomination, car pour lui, Dieu est l'impossible, un « dépassement de Dieu dans tous les sens ; dans le sens de l'être vulgaire, dans celui de l'horreur et de l'impureté ; à la fin, dans le sens de rien ». Chez lui, la représentation de la mort est divinisée comme elle peut l'être chez Leopold von Sacher-Masoch, particulièrement dans son roman La Pêcheuse d'âmes, parce qu'à l'intérieur de la mort rayonne le sexe extasié.
Edwarda demande au narrateur de regarder ses « guenilles », son sexe béant : « Assise, elle maintenait haute une jambe écartée : pour mieux ouvrir la fente, elle achevait de tirer la peau des deux mains. Ainsi les “guenilles" d'Ewdarda me regardaient, velues et roses, pleines de vie comme une pieuvre répugnante. Je balbutiai doucement : - Pourquoi fais-tu cela ? - Tu vois, dit-elle, je suis Dieu ». 2 Le Mort : est la nuit de deuil, étirée par l’ivresse et la fornication d’une amante ravagée, entre la mort de son homme et la sienne. Edouard meurt auprès de Marie, qui s’enfuyant nue dans la rue, se retrouve dans une auberge où elle se livre à la luxure avant de mourir. 3 ’histoire de l’œil :
Deux adolescents s’adonnant à des jeux sexuels pervers, entraînent la mort de la jeune Marcelle devenue folle. Leur départ pour l’Espagne en compagnie du curieux Sir Edmond les conduit à commettre les pires sacrilèges. Commentaire :
Étranges, dérangeants et obscènes, voilà ce que l’on serait tenté de penser à la lecture de ces trois nouvelles de Georges Bataille. Les textes ont pour point commun la sexualité et la mort poussée à leur paroxysme. La transgression comme moyen de dépasser notre condition humaine revêt chez Bataille un parfum de scandale et de blasphème. On sent chez l’auteur une fascination pour la cruauté et la façon dont il met en scène ses obsessions peut paraître outrancière mais à relire attentivement les textes, on y découvre bien plus que cela. Madame Edwarda, Le mort et L’histoire de l’oeil peuvent au premier abord choquer les lecteurs par leur caractère pervers, scatologique ou pornographique mais ce qu’on y décèle relève d’une toute autre démarche : le plaisir sexuel et la douleur, tous deux intimement liés, relèvent du domaine du sacré. Ne pas le reconnaître, c’est ne pas se donner les moyens de comprendre la nature humaine...